Dans un atelier baigné de lumière, au cœur du 11e arrondissement de Paris, une styliste afro parisienne manie les ciseaux avec précision. Autour d'elle, des coupons de wax, de bazin et de coton chinés reprennent vie. Son credo : transformer l'existant en pièces uniques, sans rien jeter, sans rien produire de neuf. Un geste à la fois créatif et engagé, qui relie héritage africain et conscience écologique.
Un parcours entre héritage et conscience
Née en France de parents ouest-africains, la créatrice a grandi entre les tissus du marché de Barbès et les valises de sa mère, remplies de pagnes rapportés du pays. « J'ai appris à reconnaître un wax véritable avant de savoir lire », sourit-elle. Après des études de design à Paris, elle travaille quelques années dans la mode conventionnelle. Mais le déclic arrive : trop de chutes, trop de gaspillage, trop de collections jetables. Elle décide de tout réinventer.

Foire d'Afrique Paris 2027 - le grand marché africain
6 — 9 mai 2027
Espace MAS
La 7ème édition de la Foire d'Afrique Paris revient les 6, 7 et 8 mai 2027 à l'Espace MAS (Paris 13e), de 12h à 22h, pour 3 jours non-stop d'Afrique au cœur de Paris. Le grand marché africa de Paris, c'est : • +60 exposants venus de France et d'Afrique • Mode wax, créateurs africains et accessoires • Gastronomie des 5 régions du continent • Artisanat, bijoux, cosmétiques naturels et soins capillaires • Musique live, DJ sets et animations culturelles • Masterclass, dédicaces et rencontres avec la diaspora Faites le plein de découvertes, repartez avec des pièces uniques et soutenez les entrepreneurs africains. Tarifs : • Early Bird — 5 € (places limitées, premiers arrivés premiers servis) • Prévente en ligne — 10 € • Sur place — 15 € La prévente est l'unique moyen de garantir votre place au tarif réduit. Une fois les quotas épuisés, l'accès se fait uniquement en caisse à 15 €. Espace MAS — 10 rue des terres au curé, 75013 Paris. Réservez vos billets dès maintenant.
Son atelier parisien devient alors un laboratoire de textile durable. Elle y collecte des vêtements oubliés, des fins de rouleaux, des étoffes déclassées. Chaque pièce est démontée, lavée, repensée. « L'upcycling, c'est redonner de la valeur à ce qui existe déjà. C'est aussi une forme de respect : pour les tissus, pour les mains qui les ont tissés, pour la planète. »
L'upcycling, une évidence culturelle
Pour cette styliste afro parisienne, l'upcycling n'est pas une tendance importée. C'est une pratique ancrée dans les cultures africaines, où l'on réutilise, raccommode, transmet. « Ma grand-mère ne jetait jamais un morceau de tissu. Elle en faisait des coussins, des doublures, des habits pour les plus jeunes. » La créatrice revendique cet héritage : chaque pièce unique raconte une histoire de récupération et de réinvention.
Dans son atelier, les frontières entre les genres et les époques s'effacent. Une chemise d'homme devient une robe cintrée. Un jean usé se transforme en veste structurée. Les motifs traditionnels — bogolan, kente, wax — sont découpés, réassemblés, détournés. Le résultat : des silhouettes contemporaines, portables au quotidien, qui ne ressemblent à aucune autre.
Des pièces uniques, pas des séries
Ici, pas de production de masse. Chaque création est unique, numérotée, signée. La styliste travaille en petite série, souvent sur commande, avec des clients qui viennent de toute l'Europe. « Mes pièces ne sont pas faites pour durer une saison, mais pour être portées, transmises, parfois réparées. » Une approche qui séduit une clientèle urbaine, sensible à la mode responsable et à l'authenticité.
Pour elle, le textile durable ne se limite pas à l'écologie. C'est aussi une question de justice : valoriser le travail des artisans, payer correctement les couturières, refuser les intermédiaires opaques. « Je veux que chaque pièce raconte une chaîne vertueuse, du tissu récupéré à la personne qui la porte. »
Paris, terreau de la mode circulaire
La capitale offre un terrain de jeu idéal : friperies foisonnantes, ateliers partagés, marchés aux tissus, réseaux de créateurs engagés. La styliste y trouve des ressources insoupçonnées, notamment dans les puces de Saint-Ouen ou les boutiques de seconde main du Marais. « Paris est une mine d'or pour l'upcycling. Il suffit de regarder autrement. »
Elle participe aussi à des ateliers de transmission, dans des centres sociaux ou des écoles de mode, pour initier les plus jeunes à la couture circulaire. « Beaucoup de jeunes de la diaspora ont un rapport fort au vêtement, à l'apparence. Il faut leur montrer qu'on peut créer sans détruire. »
Une inspiration pour la diaspora
Son parcours inspire. Dans la diaspora afro, nombreux sont ceux qui cherchent à concilier héritage culturel et engagement écologique. Cette styliste prouve que c'est possible, sans compromis. Elle rejoint ainsi ces créatifs afro qui réinventent l'artisanat en Europe, entre savoir-faire traditionnels et exigences contemporaines.
Pour découvrir d'autres parcours inspirants, toute la rubrique vous tend les bras. Et si vous voulez explorer plus largement les initiatives de la diaspora, notre grand guide vous emmène à la rencontre de ces talents. À moins que vous ne préfériez les saveurs : Épiciers afro à Paris : ces passeurs de saveurs qui élèvent le produit d'ailleurs vous fera voyager autrement.
Les conseils de la styliste pour se lancer
- Chiner malin : privilégiez les tissus naturels (coton, lin, soie, laine) même usés, ils se retravaillent mieux.
- Apprendre les bases : couture, patronage, finitions. Des ateliers parisiens proposent des cours accessibles.
- S'inspirer sans copier : observer les motifs traditionnels, les comprendre, puis les détourner avec respect.
- Penser circularité : chaque chute peut devenir accessoire, doublure ou pièce de petite maroquinerie.
- Créer du lien : travailler avec des artisans locaux, des associations, des réseaux de couturières.
Un avenir à tisser ensemble
La styliste ne compte pas s'arrêter là. Elle imagine déjà une collection capsule entièrement réalisée à partir de stocks dormants, ainsi qu'un espace de formation ouvert aux jeunes de la diaspora. « Mon rêve, c'est que l'upcycling devienne un réflexe, pas une exception. »
En attendant, elle continue de coudre, découper, assembler. Dans son atelier parisien, chaque pièce est une promesse : celle d'une mode plus humaine, plus consciente, qui honore les héritages sans sacrifier l'avenir. Un portrait qui donne envie de chiner, de créer et de porter haut les couleurs d'une mode durable et fière de ses racines.



