Le dimanche 4 octobre, le Salon Hoche — écrin haussmannien à deux pas de l'Arc de Triomphe — troque ses ors pour un podium. À l'initiative d'Isabelle Bourhis, une Fashion Week à taille humaine réunit une poignée de créateurs où la diaspora afro tient le haut de l'affiche. Défilé haute couture dès 17 heures : le temps d'une soirée, Paris rappelle que l'élégance parle aussi wax, perle de bois et hiéroglyphe.
Il y a, dans ces rendez-vous plus confidentiels que les grands calendriers officiels, quelque chose que la mode industrielle a parfois égaré : l'intimité du geste, la proximité avec la main qui coud, le plaisir de voir une silhouette naître à quelques mètres de soi. C'est ce format-là qu'a choisi Isabelle Bourhis pour offrir une scène à des créateurs que les circuits classiques regardent encore de loin, alors même qu'ils réécrivent, saison après saison, la grammaire du luxe parisien.

Juste Une Danse Paris 2026 - Festival des danses traditionnelles africaines
31 octobre 2026
Espace MAS
Juste Une Danse – Festival des Danses Traditionnelles Africaines se tiendra le 31 octobre 2026 de 12h à 18h. Cette journée culturelle mettra à l’honneur les danses traditionnelles africaines avec le ballet Zaouli de Côte d’Ivoire et le spectacle « De la graine à la vie » du Ballet de la Diaspora Camerounaise. Entre rythmes, traditions et transmission, le public pourra aussi découvrir un espace d’exposition artisanale et une restauration africaine pour une immersion culturelle complète.
Isabelle Bourhis, l'art de réunir
Directrice artistique du rendez-vous, Isabelle Bourhis a fait de ce défilé un carrefour plutôt qu'une vitrine. Sur le podium du Salon Hoche, plusieurs signatures se répondent : Maison Mizarij, Precious by Lexy, Sekkhmet, Stiphen Alanis, Synergie Mode et Tantely. Autant de langages, autant de géographies intimes, réunis par une conviction commune : la haute couture n'appartient à personne, et surtout pas à une seule tradition.
Sekkhmet : l'Égypte antique taillée dans le noir
S'il fallait suivre un fil — ou plutôt un fil noir — à travers la soirée, ce serait celui de Sekkhmet Paris. Fondée par Agnès Lejeune, la maison puise dans l'Égypte antique une esthétique résolument contemporaine : une féminité architecturale et sensuelle, sculptée autour du noir et du travail de la silhouette. Rien de folklorique ici, mais une archéologie du désir, où la ligne prime et où le corps devient colonne.
Sa collection, OUSEKH — Chapitre II, réinterprète les lignes et l'ornementation du collier égyptien Ousekh à travers six créations. Ce large plastron, que portaient reines et divinités pour capter la lumière du Nil, devient chez Agnès Lejeune une matrice : il irradie sur l'épaule, structure le décolleté, dessine des ajourés qui laissent respirer la peau. Le noir, ici, n'est pas une absence de couleur — c'est une couleur pleine, celle de la nuit et du basalte, celle qui fait de chaque femme une statue vivante.
Synergie Mode : le métissage selon Kali
À l'autre extrémité du spectre, la styliste Kali signe avec Synergie Mode une mode afro contemporaine qui fait dialoguer les cultures africaine et occidentale. Coiffes sculpturales et pièces d'exception ornées de perles de bois et de franges : son vestiaire tient de l'atelier autant que de la scène, quelque part entre l'artisanat et l'élégance métissée. Là où Sekkhmet épure, Synergie Mode accumule et raconte — deux manières, opposées et complémentaires, d'habiter la même fierté.
Une scène plurielle
Autour d'elles, la sélection compose un paysage volontairement contrasté. Maison Mizarij, Precious by Lexy, Stiphen Alanis et Tantely complètent l'affiche et promettent, chacun à leur façon, de brouiller la frontière trop commode entre « mode africaine » et « mode tout court ». Car c'est peut-être là le vrai sujet de la soirée : non pas exposer une diaspora, mais acter qu'elle est, déjà, au centre du récit.
Y être
Fashion Week Paris — Défilé Haute Couture. Dimanche 4 octobre 2026, dès 17 heures, au Salon Hoche, 9 avenue Hoche, Paris 8ᵉ. Places à partir de 50 €. Réserver sa place.
Une soirée, six maisons, une même certitude : à Paris, la couture la plus vivante s'écrit aujourd'hui à plusieurs voix. Le 4 octobre, le Salon Hoche en donnera la preuve.



