Samedi, le Mali a connu l'une de ses plus graves crises sécuritaires depuis la prise du pouvoir par la junte militaire. Une attaque coordonnée entre le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et le Front de libération de l'Azawad (FLA) a ciblé simultanément plusieurs villes stratégiques, dont Bamako et Kati, bastion militaire où résident les généraux au pouvoir. Cette offensive sans précédent remet en question la stabilité du régime et la capacité des autorités à maintenir l'ordre, malgré le soutien du groupe Wagner russe. Bien que la situation ait été ramenée sous contrôle en fin de journée, l'ampleur de l'assaut révèle les failles croissantes d'une gouvernance fragilisée et d'une insurrection qui s'organise.
Une alliance improbable qui change la donne sécuritaire
L'association tactique entre le GSIM, organisation djihadiste dominante au Sahel, et le FLA, mouvement indépendantiste touareg, marque un tournant stratégique majeur. Historiquement rivaux ou indifférents, ces deux acteurs ont démontré une capacité à coordonner leurs efforts pour frapper au cœur du pouvoir malien. Cette convergence d'intérêts—affaiblir une junte perçue comme illégitime par les indépendantistes et hostile aux islamistes—illustre comment les fractionnements politiques internes créent des opportunités pour les groupes armés. La simultanéité des attaques sur Bamako et Kati suggère une planification élaborée et des moyens logistiques considérables, remettant en cause les affirmations des autorités sur leur maîtrise du territoire.




